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Un point c'est (pas) tout

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Critique cinéma : The Dog Stars

Publié par Christelle Point sur 6 Septembre 2026, 14:41pm

2035, plusieurs années  qu’une pandémie de grippe ait décimé une grande partie de la population du monde, Hig et Bangley se sont retiré à quelques encablures de Denver, sur un petit aérodrome qu’ils défendent comme Fort Alamo, tirant à vue sur tout ce qui se présente. Régulièrement, Hig se rends en ville avec son cessna pour se ravitailler. Si ce mode de vie survivaliste convient à Bangley, Hig n’en peut plus de cette solitude et de cette violence. Il ne pense qu’à partir vers l’Ouest avec son avion et son chien, pour y vivre autrement, ou pour y mourir.

Ridley Scott, qui derrière une caméra n’est pas le premier venu, nous propose avec « The Dog Stars » un film de type « fin du monde », adaptation du roman « La Constellation du Chien » de Peter Heller. Le film est censé se dérouler dans le Colorado, en partie dans la ville abandonnée de Denver et surtout dans les Montagnes Rocheuses. Peu importe qu’il ait en réalité été tourné dans les Dolomites Italiennes (il me semble avec lu ceci quelque part, il faudrait vérifier), personne ne pourra dire que les paysages filmés ici ne sont pas sublimes. Avec de nombreuses prises de vues aériennes, que ce soit la reconstitution de Denver désolée ou les montagnes sauvages, ce film est un plaisir pour les yeux. Les oreilles ne sont pas en reste car la BO a beau être omniprésente et assez forte, elle est très agréable. Le film dure 2h, sans temps morts, sans scènes superflues, ou trop longues ou trop lénifiantes, du moins dans la forme car sur le fond on peut en discuter. Peu de pathos alors même que le sujet s’y prête naturellement (Hig est veuf d’une femme qu’il adorait et dont il rêve souvent), « The Dog Stars » peut parfois même faire sourire tant le couple Hig/Bangley est mal assorti. La seule chose qui m’a dérangé sur la forme, ce sont des scènes de violences pures, longues, sauvages et chorégraphiée avec même une certaine complaisance. Il y a deux attaques, et celle qui est filmée de nuit à l’infra rouge, avec tout ce sang fluorescent au lieu d’être rouge, on sent bien qu’elle a été filmée de manière à se faire plaisir : ça gicle, ça explose, ce ne sont pas les scènes que je préfère. Quant au court passage vers la fin dans l’autre aéroport, passage sur lequel il ne faut pas trop en dire, il met mal à l’aise tellement rapidement et sans réelle ambigüité que ça en est dommage. On sent immédiatement que quelque chose cloche gravement, un peu plus de subtilité aurait été intéressante. Pas grand chose à redire sur le duo Josh Brolin/Jacob Elordi, qui fait très bien le job. J’apprécie que le rôle de Hig soit celui d’un homme fatigué d’une violence à laquelle il ne s’habitue pas, qui refuse de tuer pour tuer, au contraire de son acolyte qui ne se pose aucune question. De point de vue des seconds rôles pas grand chose à redire non plus sur Margaret Qualley ou Guy Pearce, même si on les aurait aimés un peu plus écrits. Et puis c’est toujours dommage d’avoir dans son casting une pointure comme Allison Jeanney et de ne lui donner que si peu de scènes ! Je n’ai pas lu le roman de Peter Heller, je ne juge donc pas de la fidélité au livre mais du scénario seulement. Je ne suis pas certaine que ce film apporte quelque chose en plus au genre « post apocalyptique » auquel il appartient. S’il apporte une pierre au genre, c’est un petit caillou car on ne peut pas dire que l’intrigue soit hyper développée. Qu’est ce qu’on voit de cette Amérique post pandémie ? Qu’elle est revenue au temps du western, ni plus ni moins. Les méchants ont des pillards organisés en bande, ils se comportent sauvagement, pillent et tuent, ne parlent pas, ont le corps tatoué et chargent à cheval, comme le indiens dans les vieux westerns des années 50. D’eux le scénario ne dira rien, il les déshumanise purement et simplement. De l’autre côté, on a une communauté religieuse de type « amish », qui vit comme dans « La Petite Maison de la Prairie » et c’est la bonne manière de survivre, si on en croit l’intrigue. Nous voilà revenu au temps des pionniers : tout ça pour çà ! Encore heureux que nous soit épargné la petite touche religieuse à laquelle je m’attendais pourtant. « The Dog Stars » n’est pas un mauvais film, on en sort ni émerveillé, ni énervé. Mais je ne suis pas certaine  qu’il reste dans les mémoires, il y a un petit côté inabouti et superficiel qui gâche un peu l’impression finale.

La bande annonce de "The Dog Stars"

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