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Il y a désormais 7 siècles que le nazisme a triomphé et étendu sa mainmise sur une grande partie de la planète. Aujourd’hui, les sociétés occidentales sont organisées d’une façon très particulière, un sous forme de caste calquées sur un modèle féodal. Le christianisme est révolu, place à l’Hitlérisme. Les chrétiens sont persécutés, les juifs ont été éradiqués et les femmes réduites à l’état de machine à procréer. Plus personne ne lis, plus personne ne pense, et évidemment personne ne remet en cause l’ordre établi depuis de son longs siècles. Un mécanicien anglais, venu en pèlerinage en Bavière, se retrouve par la force des évènements face à un vieux chevalier teutonique qui va lui révéler qu’il ne faut pas être dupe de tout ce qu’on lui a appris.
En 1937, une écrivaine britannique publiait ce roman uchronique étrange dans lequel elle imaginait que le concept du nazisme, qu’elle voyait éclore sous ses yeux, était amené à son stade ultime et absurde. Ce roman n’est pas facile d’accès, je préviens d’emblée. L’intrigue est simple (un vieil homme révèle des idées dangereuses à un jeune homme et lui confie un manuscrit interdit qu’il doit a tout pris protéger) et quasiment tout le roman consiste en de très longs dialogues, évoquant tour à tour plein de concepts politique et/sociétaux et/ou religieux, le tout écrit dans le style des années 30. Alors il faut d’accrocher parfois pour ne pas décrocher. Mais sur le fond, l’auteur n’y va pas par le dos de la cuillère. La société qu’elle décrit est un mélange de « la Servante Ecarlate », de féodalisme, de culte (au sens littéral du terme) où Hitler a replacé la Christ, le tout mâtiné d’inspiration spartiate. Un variable cauchemar dans lequel, je le reconnais, il est heureusement difficile de se projeter. Dans ce monde où les femmes ne sont plus que des ventres, reléguées à l’état d’animal (là encore au sens littéral du terme), l’homosexualité est parfaitement tolérée. Cela peut paraitre bizarre mais la haine des femmes menée à son point le plus extrême par une société quasi théocratique, ça peut aussi donner ce genre de paradoxe. Hormis le vieux chevalier, il n’y a que 2 personnages principaux. Hermann est un pauvre paysan nazi endoctriné jusqu’au trognon, et plus ou moins amoureux d’un mécanicien anglais, Alfred. Ce dernier, plus ouvert et moins fanatique, est celui par qui va transiter l’espoir, sous la forme d’un manuscrit pour les générations futures. Personne ne sort indemne de ce roman très déconcertant. Je ne saurais pas s’il faut le recommander, c’est un roman tellement éloigné de toutes uchronies que j’ai déjà lu sur le sujet. A réserver à un lectorat attentif, rigoureux et courageux.