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Bonnie joue encore avec ses jouets, mais elle joue seule car bien trop timide pour se faire des amies. Pensant bien faire, ses parents lui offre une tablette numérique, tablant sur le fait qu’elle va se connecter avec d’autres enfants de son âge. Et c’est bien ce qui arrive rapidement, Bonnie devient accro à la tablette et délaisse ses jouets. Pour Jessie la cow girl c’est une catastrophe, elle se voit déjà, elle et les autres jouets de Bonnie, abandonnés dans une caisse du garage. L’ennemie c’est la tablette, Lilipad, et c’est une ennemie coriace, sans états d’âme… et puissante.
C’est le cinquième volet de « Toy Story » qui sort en 2026 et franchement, on pensait le filon tari avec le précédent, qui n’avait pas laissé un immense souvenir. Et bien on avait tort, car ce cinquième film fait mouche, il fait mouche parce qu’il touche à des sujets fort : l’addiction aux écrans et le cyber-harcèlement. Difficile en effet de faire plus actuel, plus pertinent et plus concernant pour petits et parents que ces deux sujets là. Andrew Stanton nous offre donc un volet 5 de 1h40 (durée idéale à partir d’un certain âge, surement un tout petit peu trop long pour les très petits spectateurs) mené tambour battant et qui multiplie les intrigues, sous intrigues et rebondissements, le tout mâtiné d’un humour potache mais très efficace. Evidemment, il y a des blagues pour les petits et des blagues qui font surtout rire les parents mais c’est normal chez Pixar, il faut amuser toute la famille, pas seulement les petits. C’est surement pour cela qu’il y a pas mal d’adulte non accompagnés qui vont voir leur film, et j’en fais partie. Ce qui j’ai aimé particulièrement, ce sont les quelques scènes dessinées un peu grossièrement, qui sont en réalité les histoires délirantes imaginées par les petites filles, et en premier lieu celle dite de « la bombe et de l’agent secret », très décalée. Il y a de nouveaux personnages bien entendu, en plus des personnages historiques qu’on a tant de plaisir à retrouver comme Buzz, Woody, et surtout Jessie, la vraie héroïne de ce cinquième volet. Lilipad (doublé en français par Laura Felpin), tablette connectée sûre de son pouvoir et de sa puissance mais qui, au fond, ne veux que le bonheur de sa petite propriétaire, même si elle s’y prend mal. Mention spéciale à Atlas (Jean-Pascal Zadi ) et surtout à Rouleau Pote (Jonathan Cohen). Ce sont des jouets connectés « premier âge » délaissés eux aussi. Rouleau Pote est un jouet pour aider les tout petits à devenir propre, autant dire que Jonathan Cohen s’amuse comme un p’tit fou dans ce rôle. Au passage, cela distille le message que tous les jouets, même les jouets numériques, peuvent finir au rebut. Le fond du scénario est ultra pertinent. Dés que la timide Bonnie à une tablette entre les mains, elle semble hypnotisée et ses parents ont bien du mal à la canaliser. Elle croit se faire des amies mais ce sont en réalité des biens piètres amies qui n’hésiteront pas à se moquer d’elle ouvertement, en ligne. Ce sont les parents qui pensant bien faire, introduise l’écran dans la vie de leur fille, bride son imagination et l’expose au harcèlement en ligne. L’enfer est pavé de bonnes intentions et les adultes, ici, ne donne pas vraiment le bon exemple. Réseaux sociaux, shopping en ligne, visioconférence, tous les adultes présent ici ou presque ont eux aussi le nez sur leur écran. Ce qui est intéressant dans le scénario, c’est que la tablette, toute numérique qu’elle soit, reste un jouet. L’intrigue ne se résoudra pas CONTRE le numérique, mais AVEC le numérique. C’est une façon de bien faire comprendre aux grands et petits que ce n’est pas tant l’outil qui est en cause que l’utilisation que l’on en fait. Le message est plus subtil qu’il en a l’air. Se passer du numérique est désormais impossible, utilisons-le moins mais surtout utilisons-le mieux. Il y a des passages plus réussis que d’autres, c’est sur, mais l’intrigue reste cohérente. Elle n’est pas si différente des opus précédents (faire le bonheur d’un enfant, les jouets se perdent, se retrouvent) mais foncièrement ancrée dans l’air du temps. Ce cinquième volet est fort réussi, et la petite leçon sans prétention sur l’omniprésence des écrans dans nos vies ne vaut pas que pour les enfants !