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Alors que le monde est au bord du chaos nucléaire à cause l’arsenal de la Corée du Nord, dans le Midwest américain des choses étranges se produisent. Margaret, présentatrice météo dans une chaine locale de Kansas City se met à avoir subitement des dons télépathiques et parle des langues qu’elle n’a jamais apprises. Daniel, lui, est en fuite à sa petite amie, il a volé des secrets détenus par une entreprise, entreprise prête à tout avec l’aide du Ministère de la Défense pour les récupérer. Margaret et Daniel se sont déjà rencontrés, il y a longtemps, mais aucun d’eux ne s’en souvient.
Annoncé comme un évènement, le nouveau film de Steven Spielberg peut être envisagé comme une suite à un de ses chefs d’œuvre, « Rencontre du 3ème type ». Les points communs entre les deux films sont d’ailleurs nombreux, et je n’en suis pas certaine mais je me demande si au détour furtif d’une image on ne devine pas les Devil Tower du film de 1977 ! Long de 2h25 (je dirais personnellement un tout petit peu trop long), le film débute pied au plancher, alors que l’intrigue est déjà lancée. Daniel et son amie sont en fuite, on ne sait ni ce qu’il a volé, ni qui les poursuit et pendant un bon quart d’heure on devine bribe par bribe ce qui se trame. C’est un procédé assez risqué, et qui ici fonctionne assez bien parce qu’au fond, j’y reviendrai, l’intrigue est assez simple à comprendre. Il y a quelques longueurs, quelques scènes inutilement bavardes, et quelques autres (et ça me navre de le dire) qui flirte avec le grotesque sans toutefois y sombrer totalement. C’est évidemment hyper bien produit, avec des moments d’action hyper maîtrisées comme la scène du train et surtout celle du hangar, du suspens relativement bien dosé, et la musique de John Williams qui vient accompagner le tout, et qui est parfaite et parfaitement utilisée somme d’habitude. Spielberg propose plus un film d’espionnage qu’un film de science fiction, car il s’agit en réalité d’une course contre la montre avec des gentils qui détiennent quelque chose que des méchants veulent récupérer, rien de très original. La volonté du réalisateur de « Rencontre du 3ème type » est clairement d’introduire dans son film d’action des moments de poésie, notamment avec la présence des animaux avec lesquels le personnage de Margaret communique silencieusement. Mais je vais être honnête, le compte n’y est pas car à part quelques vrais moments de grâce, le film remixe des scènes et des rebondissements déjà maintes fois utilisées au cinéma. Le Spielberg créatif, inventif, ultra audacieux que l’on aime n’est pas vraiment au rendez-vous. Je ne vais rien redire sur le casting car il fait le job. Ce n’est pas de la faute d’Emily Blunt si elle a un rôle trop bavard, parfois trop exalté, et ce n’est pas non plus celle de Josh O’Connor si à l’inverse, il aurait peut-être pu en faire un peu plus. Colin Firth est plutôt pas mal dans le rôle du méchant et Eve Hewson fait de son mieux dans un rôle qui aurait pu être un tout petit peu plus écrit. En fait, je crois que la faiblesse du scénario est vraiment le talon d’Achille de « Disclosure Day ». On comprend vite quels sont ces secrets d’Etat qui demeurent cachés depuis (attention indice) 1947, secrets cachés par le fameux complexe militaro-industriel et cachés même aux Présidents successifs. Les arguments de cette dissimulation sont sans surprise (le profit financier d’abord, avec comme alibi : le monde n’est pas prêt, ce serait la fin des croyances religieuses et le chaos, toussa toussa…) et présence de la foi chrétienne (le crucifix, le couvent, la main ensanglantée telle un stigmate) apparait un tout petit peu envahissante. Le scénariste David Koepp rassemble à peu de choses près tous les lieux communs de l’Ufologie : les crashs, les crop circles (très jolie scène au demeurant), les enlèvements, les courses poursuites avec les avions de chasse, tout ce qui nourrit depuis 80 ans les croyances en la vie extra terrestre. L’accent est mis ici sur l’importance de la communication comme dans « Premier Contact » de Denis Villeneuve, mais en beaucoup plus terre à terre. Le film se termine au milieu d’une scène, je dirais même au milieu d’une phrase. C’était évidemment inévitable mais ca n’empêche pas que cela soit frustrant. Clairement on n’est pas obligé de croire à tout, il y a des incohérences, des choses un peu énormes (surtout dans les dernières minutes) mais à la limite ça ne me pose pas de problème, sur ce sujet on peu pousser le bouchon assez loin, c’est normal. Le souci n’est pas tant là que sur une vague impression d’occasion gâchée quand la lumière se rallume. « Disclosure Day » est le genre de film que j’aurais adoré adorer, mais qui manque d’audace scénaristique, qui laisse un impression de facilité au spectateur. Pour plaire au plus grand nombre, Spielberg a mis à mes yeux la barre un tout petit peu trop bas, en tous cas trop basse au regard de son immense talent.