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Médecin dans un centre de soins palliatifs au Havre, Elsa a depuis puis toujours un secret bien gardé : elle peut voir, communiquer et aider les morts à passer « de l’autre côté ». Et ce don secret, hérité de sa mère, est une malédiction qui la condamne à la solitude. Un soir qu’elle est légèrement blessée dans un accident de la circulation, elle est secourue par Oscar, un musicien en galère charmant et plein d’humour. Très vite, elle tombe sous son charme, avant de réaliser avec horreur qu’Oscar est mort dans l’accident. Aider à partir l’homme qu’elle a attendu toute sa vie, c’est demander l’impossible à Elsa.
Difficile, de temps en temps, de résister à une petite comédie sentimentale, et si elle est bien écrite et bien interprétée, pourquoi s’en priver ? La réalisatrice Alice Vial nous propose une comédie sentimentale qui lorgne à la fois du côté du « 6ème sens « et de « Ghost » (bonnes références, quoi qu’on en dise) et qui ne manque pas de qualité, tout d’abord dans sa forme. Habillée d’une bande son très sympathique (Oscar est sensé être musicien et ce ‘il compose est très agréable à l’oreille), le film de 1h40 passe comme un petit rêve romantique… et aussi un peu douloureux. Avant que l’on découvre (elle d’abord, lui ensuite) qu’Oscar est mort, le film est minutieux dans les détails. : Jamais Oscar n’apparait dans les miroirs car jamais il ne se trouve devant, les portes automatiques de la gare s’ouvrent devant lui car d’autres personnes les ouvrent en même temps, il y a plein de petits détails de ce genre que l’on peut remarquer si on est attentif. Et puis très vite, le couperet tombe et la romance impossible s’installe. Elle serre un peu le cœur car c’est une romance merveilleuse et merveilleusement vouée à l’échec. Pas de creux, de scènes trop bavardes ou inutiles, un bon paquet de scènes étranges (Oscar assistant à son enterrement, un karaoké solo totalement lunaire sur la chanson « Sous le vent »), quelques scènes aussi de comédie mais jamais de comédie pure. Toujours, en tant que spectateur, on est à mi-chemin entre le sourire et le cœur serré. J’aime beaucoup certaines scènes comme celle par exemple de la boite de nuit, scène pendant laquelle Oscar comprend que personne ne le voit ni ne l’entends désormais. Réalisé avec finesse mais de façon très académique, « L’Âme Idéale » vaut surtout par la délicatesse des sentiments et les compositions de Jonathan Cohen et de Magalie Lépine-Blondeau. Jonathan Cohen n’est pas coutumier des rôles romantiques et c’est bien dommage car il est ici absolument adorable. Musicien en galère, drôle mais souffrant de ne pas connaitre une reconnaissance après laquelle il court depuis toujours, il réalise avec effroi que c’est pile quand la chance commence enfin à lui sourire que tout s’arrête pour lui. C’est cette colère qui l’empêche d’accepter sa mort et de passer de l’Autre Côté (et la trouille aussi un peu, surement). Ici, Jonathan Cohen n’est pas seulement le type drôle de service, il est l’homme qui aime, qui trouve les mots, console, comprends et finalement, celui qui veut votre bonheur quitte à se sacrifier : comment résister ? Lui avoir confié ce rôle à lui plutôt qu’à un comédien plus habitué à faire fondre les cœurs, c’est LA bonne idée du casting. Magalie Lépine-Blondeau, je dois admettre que je ne la connaissais pas avant ce film. Autre bonne idée, donner sa chance à une comédienne moins connue, tout à fait crédible et bouleversante même dans certaines scènes. Le scénario n’a rien de révolutionnaire, son propos est simple : parfois, quand on aime vraiment, il faut accepter de partir ou de laisser partir, même si ça déchire le cœur. La scène où elle lui explique, à travers les larmes, qu’elle ne veut pas rester seule sans lui car elle a été seule toute sa vie, elle m’a mis les larmes au bord des cils. Peut-être faut-il être une incorrigible romantique pour être touchée par ce film, je ne sais pas. Il faut bien entendu accepter le postulat « surnaturel » du scénario aussi, les cartésiens cyniques ne pourrons évidemment pas y trouver leur compte. Mais je crois honnêtement que le film ne s’adresse pas à eux, et qu’il faut être un peu fleur bleue pour être touchée par cette histoire. Le couple Jonathan Cohen/Magalie Lépine-Blondeau fonctionne à 200%, on aime se laisser porter par cette histoire de fantôme amoureux, on ferme les yeux que ce qui peut paraitre peu crédible pour laisser le romantisme l’emporter. Et franchement, une « RomCom » douce-amère si jolie, et si bien incarnée, au cœur de l’hiver, cela fait sacrément du bien.