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Le frère jumeau de Tom est mort en 2015, lui comme tous les autres passagers du vol Boston-Paris qui a disparu des radars. 4 ans après, l’enquête est au point mort, rien n’a été retrouvé de l’appareil et des passagers, portés disparus pour toujours. Ce deuil impossible est encore vif pour Tom, et sa douleur est ravivée lorsque le BEA le contacte pour l’informer que des pêcheurs ont trouvé le sac à dos de son frère Raphaël. Ce que contient ce sac peut laisser penser que Raphaël est peut-être à l’origine du crash, ce que Tom se refuse absolument à envisager.
Affublé d’un titre bien mystérieux et d’une quatrième de couverture alléchante, le roman de Grégoire Godineau nous embarque dans une enquête bien complexe sur un crash aérien. Pendant une bonne partie du roman, on oscille entre 2019, l’enquête de Tom et son amie Ariane, d’abord en France, puis aux USA, et 2015 avant le crash sous forme d’un compte à rebours macabre dans l’avion. Autant le dire d’emblée, l’intrigue est quand même compliquée car certains passagers sont des histoires complexes, qui parfois se croisent, interagissent même involontairement. Tout cela est très fumeux pendant une longue partie du roman, comme un immense puzzle qu’on commencerait par petits morceaux distincts sans savoir que qu‘il est censé représenter au final. L’enquête de Tom et Ariane les emmènent loin et il n’est pas évident de tout suivre car les digressions sur les passagers, leur passé, leurs états d’âme sont nombreux et coupent parfois l’action pendant de longues pages. Je ne sais pas si on peut tout considérer comme crédible, certains éléments sont quand même énormes, certains coups de théâtre presque improbables. Il faut accepter de se laisser porter par l’intrigue en essayant de tout bien agencer dans sa tête pour ne pas perdre le fil et ainsi on prend du plaisir à la lecture. En revanche le style est agréable, les chapitres bien équilibrés et ils se terminent toujours sur une petite note de suspens. La fin est assez tordue, et aussi très cynique : les causes du crash sont connues à la toute fin du roman mais la « version officielle », celle servie aux médias, sera celle bien pratique (et un peu raciste aussi) de l’attentat « terroriste ». En réalité, les causes du crash sont bien différentes, certes un peu fumeuses, mais bien différentes de cette version officielle bien pratique. Pris dans son ensemble, le roman de Grégoire Godineau ne manque pas d’intérêt ni de rebondissements mais souffre malgré tout d’une intrigue très (trop) compliquée et parfois un peu improbable.