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Pour Rowan, c’est je job parfait : devenir la nurse de trois fillettes dans une magnifique maison d’architecte des Highlands. Logée, nourrie et très bien rémunérée, Rowan fait tout ce qu’il faut pour décrocher le job et l’obtient. Mais il ne lui faut pas longtemps avant de déchanter, les gamines sont hostiles, les parents totalement absents et surtout, Rowan observe dés la première nuit des phénomènes qui l’empêchent de dormir : les serrures qui se verrouillent seules, des bruits de pas, des objets qui disparaissent, des alarmes qui se déclenchent sans raisons. Incapable de dormir correctement, Rowan commence à se demander pourquoi les nurses ne restent jamais longtemps au service des Elincourt.
Qu’arrive-t-il à Ruth Ware ? Elle qui est une habituée des intrigues un peu cosy se met à nous faire méchamment flipper avec « La Clé du Sang » (je ne suis fan ni du titre, ni de la couverture). Le roman est construit sous forme de lettres. On le sait dés la première page, Rowan est incarcérée pour le meurtre d’une des filles dont elle avait la charge (laquelle ? On ne le sait qu’à la fin), son procès approche et son avocat commis d’office ne croit même pas en son innocence. Elle écrit donc une série de lettes à un ténor du barreau pour lui raconter sa vérité et le convaincre d’assurer sa défense. Elle raconte sa version, celle d’une jeune femme qui se retrouve immédiatement plongée dans un cauchemar. Les filles sont très hostiles, surtout Maddie qui refuse de lui obéir obstinément, les parents sont partis en voyage dés le premier jour de son travail, et surtout la maison est truffée d’un électronique qu’elle ne parvient pas à maitriser. Les propriétaires sont architectes et ont rénovés le manoir (qui, évidemment, à un passé trouble, sinon ce n’est pas drôle !) et en ont fait une maison intelligente truffées de caméras. L’intrigue ne se déroule que sur quelques jours, et la (grosse) touche de surnaturel injectée au récit de Rowan distille une angoisse qui a parfaitement fonctionné sur moi ! On sait d’emblée que les choses vont tourner au drame, cela impose une ambiance de spirale infernale ou de compte à rebours qui ajoute à l’angoisse : une gamine va mourir, laquelle et comment ? Maddie la revêche ? Ellie la timide ? Petra le bébé ? Ou bien Rhiannon, l’adolescente insolente qui déboule de son internat ? Et qu’est-ce qui est à l’origine des événements étranges qui troublent tant Rowan : un esprit, un poltergeist ? La réponse à toutes ces questions n’arrive que dans les toutes dernières pages du roman. Le dénouement est une sorte de crève cœur, pas de happy end ici ; mais au fond, on le savait depuis le premier paragraphe. Il y a un rebondissement aux 2/3 du livre, qui désarçonne un peu trop au début. On a l’impression sur le moment que Ruth Ware est en train de gâcher son roman avec un retournement de situation improbable (et évidemment impossible à voir venir). Mais elle s’en sort finalement, parvient à nous faire avaler ce gros coup de théâtre et nous emmène doucement vers cette fin douloureuse. Tout bien pesé, je me demande si « La Clé dans Sang » n’est pas son roman le plus réussi et le plus aboutit. En tous cas, je l’ai dévoré en quelques jours alors qu’il avoisine les 300 pages et son angoisse sourde distillée au fil des pages m’a bien fichu la frousse ! Mission réussie, donc…