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Le 6ème et dernier tome de la saga « Blackwater » boucle la boucle avec « Pluie ». Nous sommes désormais dans les années 50-60-70, et toute la famille Caskey, désormais immensément riche, a bien vieilli. Les enfants ont grandis et Lilah, fille de Frances et Billy, prends exactement le même chemin que sa tante Miriam. Dans cette saga, en plus de l’omniprésence des femmes, la reproduction des comportements est une sorte de fil rouge : Sister est devenue Marie-Love, Lilah devient Miriam, les enfants sont « volés » de couples en couples, c’est d’ailleurs l’aspect le plus étrange de la saga, la facilité avec laquelle les parents se déleste des enfants au profit d’un autre couple, comme si l’amour parental était quelque chose qu’ils avaient tous réussi à dépasser. Ce dernier tome va voir la mort de pas mal de personnage, et bien peu vont mourir tranquillement de vieillesse dans leur lit. Car la rivière continue de réclamer son dû. La famille Caskey a fait fortune et a connu l’épanouissement grâce à Elinor et son rapport mystérieux à la rivière Perdido, mais la rivière fait les comptes et réclame encore et toujours des sacrifices. Le point d’orgue, qu’on a clairement vu venir, étant la crue de la Perdido dans le dernier chapitre, qui boucle la boucle avec la crue des toutes premières lignes du tout premier tome. Toute la saga « Blackwater » aura été une lointaine relecture de « La Petite Sirène », une petite sirène sanglante, cruelle et un peu horrifique, mais les fondamentaux du mythe de la sirène sont bel et bien là : l’enchantement, le chant mélodieux, le choix d’une vie terrestre que l’on doit payer au prix fort, etc… C’est aussi une histoire du Sud, dans cet endroit où on a l’impression que les vicissitudes de l’histoire passent très au loin : l’assassinat de Kennedy, la lutte pour les droits civiques, tout cela à l’air si anecdotique. Finalement, il n’y aura eu que la Seconde Guerre Mondiale qui aura vraiment impacté l’intrigue. C’est une saga facile d’accès pour les amateurs de contes fantastiques, les livres sont courts, faciles à lire grâce à un style très fluide et en plus, les couvertures des éditions de poche « Monsieur Toussaint-Louverture » sont vraiment magnifiques ! Dans une bibliothèque, la saga rends très bien, mais il ne faut sa contenter d’aligner les 6 tomes, il faut les lire et se bercer (et submerger) par les eaux saumâtres de la Perdido.