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Un point c'est (pas) tout

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Critique cinéma : L'Intérêt d'Adam

Publié par Christelle Point sur 28 Septembre 2025, 14:21pm

Le petit Adam ne va pas bien du tout. Hospitalisé en pédiatrie, l’enfant est sous-alimenté et accuse un retard de croissance, la solidité de des os en souffre. La cheffe infirmière du service pédiatrie tente de convaincre la mère d’Adam de collaborer aux soins mais la jeune femme est rétive. Mère célibataire, clairement dépassée, elle est sur le point de perdre l’autorité parentale sur son petit garçon. Autour de ce petit patient difficile et de sa mère en souffrance, l’équipe médicale est divisée. Lucie fait tout ce qu’elle peut pour laisser sa mère à Adam, là où les autres demeurent persuadés que cette très jeune femme met l’enfant en danger.

Une réalisation à la limite du documentaire, aucune musique (ni en fond, ni en générique), une intrigue déroulée sur quelques heures seulement, une unité de lieu, caméra à l’épaule, le film de Laura Wandel fait immédiatement penser à « En Première Ligne » sorti il y a quelques semaines. C’est vrai que les similitudes sont nombreuses. La caméra de Laura Wandel suit le personnage de Lucie, au sens strict du terme car beaucoup de scènes nous montre son dos en train de marcher ou de courir. Le film est ultra court, moins 1h20 ce qui est bien en dessous des standards du moment. Alors pourquoi semble-t-il si long ? Et bien c’est comme pour le film suisse susnommé, parce que l’intrigue est ultra ramassée et que la tension ne retombe jamais. Du coup, 1h15 sur le fil du rasoir, c’est long ! Je vais souligner le travail sur le son, qui pourrait paraitre anecdotique mais qui ne l’est pas tant que cela. Les porte coupe feu de l’hôpital assourdissent les sons, subitement quand on rentre dans une chambre le vacarme nous saute aux oreilles, pareil pour le service des urgences –adultes dont le son de fourmilière vous assomme dés la porte franchie. On passe du silence au bruit (et inversement) en un clin d’œil, ce qui mine de rien ajoute une certaine tension. Lorsque le film commence la situation est déjà bien enkystée. Rien n’est expliqué d’emblée, le tableau se dessine au fil des scènes. Le petit garçon a un bras dans le plâtre et une sonde gastrique et il refuse de s’alimenter en réclamant sa mère. Cette dernière est autorisée à lui donner ses repas deux fois par jour mais elle triche. Elle refuse qu’il mange les repas de l’hôpital pour le nourrir à sa façon, clairement mauvaise. Ce rapport à la nourriture n’est et ne sera jamais éclairci. C’est sur la nourriture que va se cristalliser le problème, et on n’arrive pas à comprendre (et le personnel soignant pas tellement plus), pourquoi elle fait une fixation sur l’alimentation. La jeune mère Rebecca veut rester, elle n’en a pas le droit, l’enfant la réclame, Lucie veut faire ce qu’il faut pour les aider.  L’infirmière, dont l’empathie et le professionnalisme sont incontestables, est tiraillée entre une mère en roue libre qui semble agir en dépit du bon sens et une équipe soignante qui exige qu’elle parte. Le nœud de l’intrigue n’est pas plus compliqué que cela au fond. Tout le monde veut l’intérêt d’Adam, mais personne n’est d’accord sur la méthode à employer. Lucie dissimule, arrange, déploie des trésors de patience et de diplomatie, on la comprend sur la forme, mais sur le fond fait-elle au mieux pour l’enfant ? Il est très difficile de se faire une idée en tant que spectateur tant la situation est délicate. Les trois parties (mère, médecins et Lucie) s’affrontent sur l’intérêt d’un petit bout d’homme en souffrance, petit bonhomme qui déchire le cœur. Le cas d’Adam est le fil rouge du film mais de temps à autre on passe à un autre enfant, autant d’enfants, autant de souffrance : avortements clandestins, enfants battus, enfants épuisés, etc... Léa Drucker et Anamaria Vartolomei incarnent respectivement Lucie et Rebecca. Léa Drucker, merveilleuse comme toujours, donne corps à une infirmière très (trop ?) investie, d’une patience et d’une empathie admirable, qui n’hésite pas à flirter avec les limites de ses fonctions, voire à les dépasser, dans l’intérêt de ses petits patients. Nerveusement sur le fil de rasoir, elle tente de comprendre Rebecca. Anamara Vartolomei donne elle corps à une jeune mère qui a construit une relation exclusive et fusionnelle avec son enfant, dont elle a plus ou moins exclu le père (ce dernier, qui a refait sa vie, semble à la fois responsable et victime de la situation). Elle l’aime son fils, elle ne l’aime pas trop, elle l’aime mal. C’est très difficile de la cerner et de condamner son attitude tant elle semble sincère et convaincue. Elle a besoin d’aide mais ne semble pas ni le comprendre ni l’accepter. Ces deux comédiennes nous offre un affrontement nerveusement assez éprouvant et qui nous chamboule. La fin, abrupte (pour ne pas dire brutale) nous laisse un peu sonné. « L’intérêt Adam » est un film aride, sec qui peur déstabiliser. La souffrance des enfants étant encore moins supportable que celle des adultes, cette fiction filmée comme un documentaire n’est pas forcément taillé pour tous les publics. Cela  n’enlève rien à ses qualités.

La bande annonce de "L'Intérêt D'Adam"

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