Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un point c'est (pas) tout

Un point c'est (pas) tout

Blog sur tout ce qui rend la vie plus chouette...


Critique cinéma : Fils de.

Publié par Christelle Point sur 4 Septembre 2025, 15:14pm

Cela fait une semaine que la gauche a remporté la Présidentielle, et personne ne sait qui va occuper Matignon. L’éminence grise du nouveau président, Anne Chalamont, envoie Nino Perrin (un jeune attaché parlementaire ambitieux) chez son père pour lui proposer le poste. Lionel Perrin est désormais sénateur et cet ancien animal politique de la gauche de la gauche n’a jamais eu la carrière qu’il escomptait. L’animal politique est endormi, mais la proposition le réveille. Le futur ministre de l’intérieur ne voit pas cette nomination de très bon œil, et pousse des pions en la personne de la droitière directrice du FMI. La partie est lancée, tous les coups (bas) sont permis.

Quel film étrange que le long métrage de Carlos Abascal Peiro ! Difficile de savoir au sortir de la salle ce qu’on en a vraiment pensé. La mise en scène ludique (presque cartoonesque par moment), l’humour absurde mais grinçant du scénario, le rythme d’enfer du montage, tout cela est plutôt séduisant de prime abord. Quelques flaches back (dont l’étrange scène d’ouverture qui se situe en 1979), un ton perpétuellement exalté et décalé, tout cela fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde et que les 1h45 du film passe vite, on est presque surpris de voir débouler le générique de fin. Il y a de l’idée dans cette mise en scène volontairement un cran au dessus de ce qui devrait être pour un film politique, comme pour filmer une sorte de pièce de théâtre de boulevard. Je ne connais pas ce réalisateur espagnol et pour cause, il est tout jeune et c’est son premier film en France, il parait. Mais par quel sortilège un jeune espagnol aurait tant à dire sur la politique politicienne française ? Il met en scène son propre scénario et le film à tout d’une sorte de film « à clef ». On y croise des politiciens qui s’auto-nomment Premier Ministre, un ministre de l’Intérieur qui utilise sans vergogne les forces de polices pour ses petites magouilles, des secrétaire général de l’Elysée qui se prennent pour des chasseurs de tête, des directrices du FMI qui se verrait bien à Matignon, des conseillers en communication qui monte des fake news grossières pour nuire aux concurrents, et des médias qui relaie au lieu d’investiguer. Non vraiment, ce jeune scénariste espagnol a une bien piètre image de notre vie politique ! Mais où est-t-il allé chercher tous ces archétypes, on s’interroge ? Quoi qu’il en soit, l’intrigue se suit sans déplaisir et même si le ton est volontairement outré, les rebondissements très appuyés, l’humour souvent efficace (avec un petit soupçon de vulgarité, mais sans excès) et le film fonctionne. Sur le fond, le scénario de « Fils de. » ne va pas élever le niveau ni la mauvais opinion que les français ont de leur hommes et femmes politiques. Il est fort peu question d’idées, mais beaucoup d’ambitions personnelles, de calcul, d’alliances de circonstances, de comptes en Suisse ou à Singapour et de circonscriptions à décrocher. On pourrait même, sans trop se forcer, considérer que « Fils de. » est un film populiste. Ce n’est pas le premier dans ce genre, mais celui-ci, parce qu’il lorgne du coté de la farce, pourrait légitimement  être regardé comme un exercice de démagogie redoutable. C’est pour cela qu’une fois la séance terminée, on ne sait pas si on doit rire ou pleurer, si on doit  recommander le film ou se désoler qu’il puisse plaire au plus grand nombre. Sur le casting en revanche rien à redire, Alex Lutz est délicieusement détestable en ministre de l’intérieur au microbiote fragile, François Cluzet très à son aise dans le rôle du vieil écolo revenu de tout (ça lui va comme un gant, c’est presque énervant tellement ça lui va bien, c’est sans surprise) ou encore Karine Viard, parfaite comme toujours en femme de tête à serre-tête. La vraie révélation c’est le jeune Jean Chevalier, pas très connu encore, mais qui est de toutes les scènes, donne de sa personne sans compter et se révèle fort drôle dans une bonne demi-douzaine de scène, et attendrissant dans les autres. Faut-il recommander « Fils de. » ? Honnêtement je ne sais pas, ce film me fait l’effet d’une sorte de couteau à double tranchant très effilé, à manipuler avec précaution. Ce genre de film, dans de mauvaise mains, pourrait s’avérer, allez disons-le… dangereux.

La bande annonce de "Fils de."

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents