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Policier à Paris comme son père avant lui, Valentin Verne a une obsession : il traque un prêtre pédophile qui sévit en toute impunité depuis des années, surnommé « Le Vicaire » ; Le Vicaire s’attaque à des orphelins et, dans la France de 1830, cela lui assure une certaine impunité. Lorsque le supérieur de Valentin lui confie une affaire délicate (le suicide mystérieux d’un fils de bonne famille), celui-ci met entre parenthèse sa quête personnelle pour plonger dans une intrigue complexe et fort dangereuse, qui va le mener aux confins de la conscience humaine.
Premier tome d’une série qui en compte 5 à ce jour, « Le Bureau des Affaires Occultes » met en scène un policier un peu solitaire, dans le Paris de 1830. Le contexte politique de cette époque est crucial pour cette première intrigue qui se déroule au tout début du règne de Louis Philippe, La Révolution de 1830 a été confisquée par les orléanistes et cela provoque beaucoup de rancœurs chez les Républicains. Alors qu’on s’apprête à juger les ministres de Charles X, la poudrière qu’est Paris est toujours à la merci de la moindre étincelle. Ce Paris, pré-Haussmannien, le Paris de Victor Hugo et des « Misérables » (même époque) est ici presque un personne à lui seul, avec ses quartiers coupe-gorges, ces ruelles sinueuses et sa campagne à moins de 10km… et ces jardins et petits cabanons autour de la Concorde! L’intrigue est double et, dans ce premier tome, on sent bien que l’auteur Eric Fouassier pose les jalons de ce qui va alimenter toute la série et notamment l’histoire de ce prêtre pervers qui enlève de jeunes garçons orphelins pour les séquestrer et les violer. Bon nombre de courts chapitres sont racontés du point de vue de Damien, une de ses victimes. Le personnage principal, Valentin Verne, réserve quant à lui pas mal de surprise (dont une aux 2/3 du roman, un vrai coup de théâtre, puis une seconde à quelques pages de la fin, tout aussi réussie) : d’abord policier aux mœurs, il est détaché pour enquêter sur un mystérieux suicide. Son enquête va l’entraîner du côté de la politique de l‘époque, dans les cercles républicains clandestins, mais aussi à fouiner dans l‘univers des sociétés secrètes. L’époque est férue d’occultisme, Valentin est un scientifique dans un costume de policier, et cette enquête étrange va mêler tous ces ingrédients. Les deux intrigues sont prenantes, le sort de Valentin est souvent sur le fil du rasoir, il y a des rebondissements, du suspens, tout est « au cordeau ». Et puis le contexte historique et le Paris de la Monarchie de Juillet est un parfait écrin pour une intrigue policière originale, dans le roman on croise le sulfureux Vidocq, pour les amateurs d’histoire ce roman est très agréable à lire car on a en permanence l’impression d’y être. Je pense que Fouassier est un auteur qui se documente beaucoup et cela se sent. Ce premier tome prometteur appelle vite la suite.