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Un point c'est (pas) tout

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Critique cinéma : L'Accident de Piano

Publié par Christelle Point sur 13 Juillet 2025, 14:06pm

Star du net avec ses vidéos dans lesquelles elle s’inflige les pires blessures volontaires, Magalie Moreau est devenue multimillionnaire sous le délicieux pseudonyme de Magaloche. A part se nourrir de yaourt, martyriser son assistant personnel et tourner ses vidéos sponsorisées qui lui rapportent plus qu’elle ne peut dépenser, Magalie ne fait rien de ses dix doigts, et ne sait probablement rien faire d’autre. Mais un jour un tournage tourne mal et la voilà acculée à accorder une interview avec une journaliste, chose qu’elle déteste.

Quentin Dupieux livre avec « L’Accident de Piano » son film le plus misanthrope, du mois parmi ceux que j’ai vu. Sur 1h28 (durée assez longue si on regarde sa filmographie), il explose tout ce qui le débecte dans la société d’aujourd’hui : les pseudos vedettes du net, les gens versatiles, cyniques, sans culture et sans morale, les journalistes prêts à tout et les fans débiles, bref : la médiocrité moderne. Il met en scène, avec la singularité qu’on lui connait, une jeune femme immédiatement antipathique qui le restera jusqu’à la dernière image, entourée de gens qui sont soit débiles, soit arrivistes, soit les deux à la fois. Mise en scène décalée, musique conceptuelle, il nous épargne quand même pas mal de scènes gores quant aux vidéos de Magaloche. La pauvre fille se fait écraser, bruler, électrocuter, charcuter volontairement et il a la bonne idée de ne pas rajouter le voyeurisme à la liste des horreurs qu’il dénonce. Reste que son film est malgré tout assez violent, notamment à la fin quand les choses dérapent. Car il n’est nul besoin d’être malin, forcément que les choses vont déraper, avec un postulat de départ comme le sien. La dernière image, onirique et symbolique, peut être interprétée de plein de façon. Son film se laisse regarder, sans ennui, même si on a du mal à croire tout ce qu’on voit. Il faut dire que le personnage de Magalie, incarnée par une Adèle Exarchopoulos méconnaissable, est totalement taré. Enlaidie comme ses pas possible (même ses vêtements sont hideux), on ne la comprend pas ; tout juste laisse-t-elle entendre, entre deux paroles venimeuses, qu’elle fait tout cela parce qu’elle se déteste mais l’explication est un peu courte. Elle prétend avoir fait 3 ans de psychothérapie, on se demande bien  quelle type de psy elle a rencontré ! Détestable, sans morale et sans affect, Exarchopoulos a du s’amuser comme une folle avec ce genre de rôle improbable, et elle est parfaitement dans le ton de ce personnage insaisissable. Les seconds rôles ne sont pas en reste : Karim Leklou en fan (très) débile, Jérôme Commandeur en assistant personnel cynique et Sandrine Kiberlain en journaliste faussement onctueuse, que des pointures qui n’ont pas peur d’en faire des tonnes, mais c’est leur rôle qui veut cela. Car « L’Accident de Piano » est une farce alors forcément tout y est excessif. C’est une farce qui peut être drôle (mais il faut aimer l’humour très noir) mais qui est surtout une farce cinglante, morbide, et qui n’a pas peur de dénoncer à la sulfateuse. Du coup, si on est adepte de la subtilité il vaut mieux passer son chemin (d’ailleurs des spectateurs sont sortis au milieu du film, ce qui est assez rares avec les films que je vais voir). Devant « L’Accident de Piano », on se souvient que l’idée d’internet, au départ, c’était la plus grand bibliothèque de savoir du monde, l’espace libre où toutes les connaissances pouvait de mutualiser, pour faire grandir l’Homme, pour tirer vers la haut. On aurait du se douter que l’être humain étant ce qu’il est, ca allait devenir la plus grande invention débilitante de l’histoire de l’Humanité. Ici cette débilité est incarnée par Magalie, pauvre fille sans morale (et sans culture : « C’est qui Spielberg ? ») qui gagne 10 000 fois ce que les médecins qui la sauvent gagnent en une vie, en s’infligeant toutes les blessures du monde, devant des fans voyeurs et hilares. Culte de la débilité, culte de l’argent facile, Dupieux dénonce à l’acide sulfurique. Mais est-ce une démonstration efficace ? Derrière la farce morbide, est ce qu’il réussi à faire réfléchir ceux qui ne sont pas déjà convaincu par son propos ? Je ne sais pas, ce n’est pas sur du tout. Un peu faible sur le fond, « L’Accident de Piano » restera surtout comme le rôle le plus improbable d’Adèle Exarchopoulos, une comédienne qui n’en finit pas de surprendre par le choix audacieux de ses rôles.

La bande annonce de "L'Accident de Piano"

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