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Troisième volet de la saga fantastique et historique de la famille Caskey, « La Maison » nous emmène cette fois-ci jusqu’à la grande crise de 1929. Si dans le premier tome, entre Elinor et Marie-Love (sa belle-mère) la méfiance était de mise, si dans le deuxième tome tout cela virait à l’hostilité, cette fois-ci c’est la guerre ! La première, toujours aussi placide et énigmatique, tisse patiemment sa toile autour de la famille, s’imposant petites touches par petites touches comme le nouveau centre de gravité des Caskey. Ce personnage, assez sympathique au début de la saga, est désormais plus inquiétante qu’autre chose. La cruauté et la froideur dont elle a fait preuve dans le volet précédent franchi désormais un cap. Maie-Love toujours aussi manipulatrice, va payer l’addition de ses manigances, et l’addition sera salée. Les femmes, dans « Blackwater », sont les réelles maîtresses du jeu, pour le meilleur et le pire. Le roman a les mêmes qualités que les deux précédents, facile à lire, court et sachant ménager ses effets, on en vient à bout en peu de temps sans presque s’en rendre compte. Mélange de saga familiale et de surnaturel, il est ici beaucoup question des filles d’Elinor et Oscar : Frances la cadette, qui est fragile, timide, et qui est aux prises avec des visions et des évènements terrifiants et l’ainée Miriam. Cette dernière, élevée par Marie-Love, est devenue exactement comme elle : hautaine, fourbe et plaine de rancœur. Deux sœurs élevées séparément qui ne pourraient pas être plus dissemblables et qui seront à n’en pas douter au cœur de la suite de la saga « Blackwater ». Il y a deux thèmes majeurs dans cette saga : la Famille et la Vengeance. Dans ce troisième tome, la famille est pour le meilleur mais aussi le pire : un père violent terrorise son ex femme et ses enfants (sa punition sera à la hauteur de ses crimes), une belle-mère et sa bru sont en guerre ouverte, une mère refuse de sauver son fils de la ruine par pur calcul égoïste, ect… Quant à la vengeance, on a déjà compris que ceux qui font le mal en paye le prix. Le souci, c’est que parfois des innocents aussi payent le prix de mauvaises actions jamais commises, victimes collatérales au nom d’un équilibre plus ou moins surnaturel des choses. Tout le côté surnaturel du roman est là aussi pour cela, pas juste pour faire peur : apparitions, monstres aquatiques, brume qui s’infiltre jusque dans les maisons, on ne peut que penser à Stephen King et à sa redoutable efficacité en la matière. Cette saga, décidément très efficace, ferait merveille sur petit ou grand écran. Mais je suis sûre que d’autres y ont pensé avant moi ! Le roman s’achève sur la promesse d’un nouvel affrontement (mère/fille) mais aussi sur la note angoissante d’une apparition fantomatique qui n’a pas fini de filer des angoisses au lecteur.