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Un point c'est (pas) tout

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critique cinéma : Le Mélange des Genres

Publié par Christelle Point sur 20 Avril 2025, 14:35pm

Infiltrée au sein d’un groupuscule féministe, la Capitaine de police Simone Sorel cherche à déterminer si le groupe en question a participé de près ou de loin au meurtre d’un mari violent par son épouse. Persuadée d’être près du but, sentant sa couverture vaciller, elle accuse de viol un type choisi au hasard. Le hasard veut que le type en question, Paul, comédien raté et mari d’une comédienne relativement connue, soit l’homme le plus déconstruit qu’on puisse imaginer. Cette accusation lancée sans réfléchir va bien entendu bouleverser la vie rangée du pauvre Paul. Simone, prisonnière de sa couverture et de son mensonge, se demande bien alors comment elle pourra réparer les dégâts.

Après s’être attaqué au clivage gauche-droite, puis à la lutte école privée /école publique, le réalisateur Michel Leclerc se lance dans une entreprise encore plus risquée : explorer et essayer de déminer la guerre des sexes post me-too. En 1h45, le film met donc en scène des féministes très remontées, des masculinistes très violents (et très à droite), un homme déconstruit à l’extrême, une police qui rechigne vraiment à se remettre en question et … une policière qui va (elle) se remettre vraiment en question. Le personnage de Simone, incarné par Léa Drucker, est bien le seul qui voit ses certitudes évoluer et qui prends du recul sur la situation. Car les autres, tous les autres, ne sortiront pas gagnant du film.  Les rôles sont donc caricaturaux, c’est vrai, et c’est un peu le propre des comédies de Michel Leclerc il faut le reconnaitre. Le film est tourné intégralement à Dijon et je tiens à souligner que la ville (que je connais quand même un peu) est parfaitement mise en valeur. Le choix de cette ville, petite mais pas trop, est assez pertinent. Il fallait une ville où les gens d’un même quartier puissent se croiser souvent, sans que tout le monde se connaisse pour autant. La musique de Vincent Delerm (qui fait deux apparitions dans le film, dont un caméo en pianiste de bar) est sympa mais je tiens à signaler que la jolie chanson qu’il interprète à deux reprises dans le film n’est pas de lui mais de Goldman et qu’elle date de presque 40 ans : Goldman avait donc 40 ans d’avance sur la masculinité moderne, fermez la parenthèse ! La réalisation de Michel Leclerc est très propre, son film est agréable à suivre et parsemé d’un humour discret mais récurrent qui me convient bien. C’est Benjamin Lavernhe qui est le plus drôle/émouvant/pathétique/délicat du casting. Ce comédien raté, homme au foyer, a bien  intégré tous les codes de la masculinité moderne. So n personnage peut faire sourire, il est parfois un peu ridicule (quand il appelle toutes ses anciennes relations pour savoir qu’il n’en aurait pas violé une sans s’en rendre compte !) mais dans quelques scènes, il dit des choses, pour le coup, nette et sans ambigüité. A des masculinistes qui veulent le soutenir lorsqu’il est accusé faussement, il déclare qu’il préfère perdre sans eux que gagner avec eux. Et ça, par exemple, c’est (très) courageux. Léa Drucker a elle le rôle le plus intéressant car c’est le seul qui évolue. Femme policier et mariée à son chef de groupe (je ne sais pas si c’est possible mais ce n’est pas génial comme position), elle est au début flic avant d’être femme. On imagine sans peine que dans un monde d’homme, elle a du batailler avec leur armes. Mais au contact de Sofia (Melha Bedia, très drôle mais dans un rôle plus nuancé qu’on aurait pu le croire) et des autres, elle doit revoir ses certitudes, en particulier sur l’attitude de ses collègues. A la fin, elle est sans doute un peu plus femme que flic. Vincent Elbaz ou Judith Chemla ont des rôles plus monolithiques à jouer, ce qu’ils font parfaitement. Je ne sais pas si le scénario va plaire à tout le monde et moi-même je ne sais pas trop si j’adhère à tous ses aspects. Dans sa volonté de renvoyer un peu dos à dos tout le monde, est-ce que Michel Leclerc  vise juste ? La police déjà, avec un jeune policier qui ose faire la leçon à ses ainés sur le sexisme ambiant. Tout ce qu’il dit est juste mais peut-on croire qu’un jeune policier tout frêle oserait vraiment se comporter ainsi face à des vieux briscards ? Les féministes sont également montrée de façon un peu ridicule, avec une meneuse très égocentrée, des modes d’action discutables et des débats internes un peu surréalistes. En tant que femme, cette façon de dépeindre des militantes féministes m’interpelle un peu, et me met un tout petit peu mal à l’aise. Au final, même si j’ai sourit souvent et passé un bon moment de cinéma devant « le Mélange des Genres », je ne sais pas vraiment quoi penser du scénario. Je n’ai peut-être pas, personnellement,  le recul nécessaire sur le sujet pour y trouver mon compte.

La bande annonce du "Mélange des Genres"

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