L’affiche et le titre très fleur bleue de ce film pourrait laisser penser que l’on a à faire à un film romantique plein de larmes et de bons sentiments. Mais toutes les critiques presse m’avaient mises en garde : « Pas du tout, me disaient ils, il s’agit d’un film de science fiction au sens le plus littéral du terme, un film sur l’éthique de la science et le clonage. Allez-y, c’est merveilleusement émouvant ». Je me suis laissé convaincre par ces critiques élogieuses et je me suis retrouvée devant un film… romantique plein de larmes et de bons sentiments !
Dans une Angleterre d’un monde parallèle au nôtre, les progrès de la médecine ont réussi à éradiquer toutes les maladies graves. Ruth, Tommy et Cathy grandissent dans un pensionnat très old-school. Mais tout dans le regard que posent les adultes sur eux leur font bien comprendre que leur destin est tout tracé. Ils ne sont que des clones pourvoyeurs d’organes, ils seront morts avant 30 ans et après plusieurs dons. Comment vivre un semblant de vie quand on sait qu’on ne pourra échapper à ce destin ?
Le résumé du film vous fait penser à « The Island », c’est normal puisque c’est plus ou moins le même thème de départ mais franchement, la comparaison s’arrête là. Ici, la résignation est de mise, on accepte son triste sort sans chercher à se révolter ou à y échapper, tout au mieux, on espère mendier quelques années de sursis. La mise en scène voudrait nous inspirer de la compassion pour ces pauvres jeunes gens, et pour bien nous faire comprendre qu’ils ont une âme et des sentiments, on les fait pleurer, tomber amoureux, se nourrir d’espoir, rechercher leur origines comme on recherche une mère. Mais être humains ce n’est pas seulement ça, c’est refuser, c’est combattre aussi. Sauf que de ça il n’est jamais question. Ce film qui partait pourtant bien avec un premier tiers au pensionnat assez réussi sombre assez vite dans l’ennui. Le jeu atone des acteurs, avec une mention « spéciale » à Andrew Garfiel, les rends vite assez insupportables. Nul doute qu’on leur a demandé de jouer ainsi, pour bien montrer le poids de leur condition (je dirais même de leur conditionnement) mais je n’ai jamais pu me départir, tout au long de la projection, d’un sentiment d’agacement. Avoir en permanence de grands yeux humides ne fait pas naître chez le spectateur que de l’empathie, en tous cas dans mon cas ! L’Angleterre dans laquelle vivent ces trois jeunes gens est hors du temps, même quand l’action est censée se dérouler en 1994, on a l’impression d’être dans les années 50. Dans ce monde parrallèle-là, la science est peut-être en avance mais tout le reste est en retard ! L’aspect du film qui aurait pu être le plus intéressant, c'est-à-dire la réflexion sur le manque d’éthique de la science moderne est juste effleuré, et il manque des explications : à part un rein, qu’est ce qu’on peut bien donner comme organe vital et survivre encore quelques mois jusqu’à un prochain don ? On pourra toujours m’objecter que ce n’était pas le cœur du film, que c’est secondaire ! Certes, mais moi, quand je m’ennuie au cinéma, je laisse mon esprit vagabonder où il veut…
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