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Un point c'est (pas) tout

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Critique cinéma : Interstellar

Publié par Christelle Point sur 10 Novembre 2014, 10:52am

Critique cinéma : Interstellar

« Space, the final frontier… », ce n’est pas le nouveau « Star Trek » qui arrive à grand renfort de promo, de bouche à oreille dithyrambique et de teasers mystérieux et prometteurs mais bien « Interstellar », le dernier film de Christopher Nolan. Bien que « Inception » m’ai laissé sur le bord de la route, j’ai quand même tenté cette nouvelle et longue (2h50) expérience dans l’espoir d’être éblouie, fascinée, enthousiasmée par ce que certains considèrent déjà comme le nouveau « 2001, odyssée de l’espace », rien que çà…

Dans un futur proche, la terre agonise. Balayée par une tempête de poussière quasi permanente, elle a contraint quasiment tout le monde à redevenir cultivateur. Mais les cultures meurent les unes après les autres et ceux qui ne mourront pas asphyxiés périront surement de faim. Cooper, ancien pilote, veuf et père de famille, est donc lui aussi revenu à la terre et aux pickups. La NASA, secrètement, après avoir découvert un trou de ver inter-dimensionnel dans les environs de Saturne, à envoyé 12 astronautes explorer 12 planètes potentiellement habitables. 3 d’entres eux ont lancés des signaux plus ou moins encourageants. Il faut donc envoyer une équipe traverser le trou de ver pour vérifier si la vie peut être implantée sur l’une d’entre elle. Et çà urge, car sur Terre, les choses se dégradent très vite. Cooper est recruté (un peu par hasard) pour piloter l’engin spatial et une équipe restreinte se lance à travers le trou de verre, dans une mission quasi désespérée pour empêcher l’extinction totale de l’espèce humaine.

« Interstellar » est un long film qui a plein de qualités et aussi plein de défauts et il n’est pas facile de savoir si on doit le conseiller ou pas. En fait, un film de cette longueur est presque une expérience cinématographique qu’il faudrait digérer avant de pourvoir en parler. Mais bon, je vais en parler quand même ! Commençons par ce qui fonctionne et fonctionne même assez bien. Déjà, çà dure presque 3h et pourtant on ne s’ennuie pas et le temps passe vite et çà, c’est déjà une qualité énorme. Le rythme est soutenu sans trop de longueurs et le montage hyper rapide y est pour beaucoup. Le film commence sur Terre, pendant 40 bonnes grosses minutes, puis dans l’espace pour 40 autres bonnes grosses minutes et ensuite, la Terre et l’espace sont montrés alternativement de façon très rapide, de plus en plus rapide, au point presque que les deux cadres, les deux intrigues se juxtaposent et empiètent l’une sur l’autre. C’est assez audacieux dans la narration, et çà ne plaira peut-être pas à tout le monde mais moi je trouve çà à la fois créatif et efficace. Pour bien comprendre ce que je viens de dire, il faut préciser que tout le film tourne auteur du temps (c’est un des sujets favoris de Nolan, « Memento », « Inception » et même « Insomnia »…) : le temps qui s’étire, s’accélèrent, se tord, se noue, etc… Le temps dans l’espace s’écoule moins vite que sur Terre, la vie continue pour les enfants de Cooper bien plus vite que pour lui, dans l’hyper espace, et le fait d’alterner très souvent les deux est effectivement une manière de jouer avec le temps comme il faisait dans « Inception ». Sauf que là, çà fonctionne, c’est clair, c’est presque limpide. C’est super bien réalisé, avec des plans incroyables, notamment dans l’espace, dans le trou de ver, sur la planète recouverte d’eau. Il y a dans « Interstellar » beaucoup de suspens mais relativement bien dosé, un peu d’humour mais assez bien dosé aussi, un peu trop de pathos dans certaines scènes quand même : çà pleure beaucoup pour un film de science fiction. Le casting, qui me laissait un peu dubitative au début (je n’ai jamais été fan d’Anne Hattaway et de son jeu un peu atone), je reconnais qu’il n’y a trop rien à y redire. Et puis le principal, le scénario, il fonctionne lui aussi. On en comprend assez vite l’intérêt, il y a des rebondissements réussis et assez pertinents, la psychologie des personnages est travaillée, on comprend tout alors que les sujets abordés sont quand même hyper pointus. Sur la crédibilité scientifique, je ne me permets pas de porter un jugement, la physique quantique n’étant pas mon point fort ! Je me contente de me laisser porter par le scénario et les très belles images spatiales de Nolan. Mais alors, « Interstellar » souffre aussi de défauts terribles, parfois à la limite de l’impardonnable. Son habillage musical est une catastrophe ! La musique de Hans Zimmer est sans doute magnifique mais elle vous hurle dans les oreilles dans toutes les scènes clefs (et elles sont nombreuses) et comme elle est aigüe, elle couvre quasiment les dialogues et c’est un supplice. Si c’est un effet volontaire il faut vraiment qu’on m’explique l’intérêt… Mais la musique vous me direz, c’est accessoire, certes… Le problème vient aussi des dialogues, et çà, ce n’est pas accessoire du tout, c’est même essentiel. Il y a multiplication de phrases sentencieuses, de propos métaphysico-fumeux, de préceptes creux comme des trous noirs. Visiblement, Nolan adore les dialogues dans ce genre, « Inception » en était truffé également. Même si on lui est gré de ne pas avoir mêlé Dieu à son propos, on est vite exaspéré par des dialogues vident de sens, des dialogues qui se veulent super abstraits et hautement philosophiques mais qui ne sont rien d’autre que de la bouillie métaphysique. Et puis, cerise pourrie sur le gâteau « Interstellar », la dernière demi-heure est à tomber de son fauteuil… A partir du moment où le vaisseau spatial est aspiré dans le trou noir, le film subit exactement la même chose ! Sans vouloir trop en dire sur cette fin pour laisser à ceux qui la verront le « plaisir » de la découvrir, je n’ai pas pu me retenir de rire nerveusement devant le ridicule de ce que je voyais à l’écran. Là, désolée mais je ne marche pas, non, non et NON ! Je veux bien avoir l’esprit ouvert au maximum pendant 2h30 de film mais il ne faut quand même pas pousser ! L’explication et le dénouement du film ne flirtent pas avec le n’importe quoi et le grand guignol, ils se vautrent dedans ! Tout ce qui fonctionne dans « Interstellar » est balayé par une dernière demi-heure ridicule, tellement tirée par les cheveux qu’elle nous met presque mal à l’aise. On sort de la salle sur cette dernière note amère en maugréant « Tout çà pour…çà ? » et pour un film de ce calibre, avec une telle ambition, c’est dévastateur.

Je suis parfaitement consciente de nager un peu à contre courant avec cette critique très partagée, alors qu’on me parle de « 5 étoiles », de « chef d’œuvre », de « nouveau Kubrick ». J’ai décidément un vrai problème avec Christopher Nolan puisque c’était déjà le cas avec « Inception ». C’est pour cela que je voudrais vraiment, cette fois, avoir des retours de ceux qui verront « Interstellar ». Parce que bon, c’est peut-être moi qui pas n’ai compris la philosophie mystico-quantique de Nolan…

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19548515&cfilm=114782.html

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