Film choisi presque par hasard, après avoir constaté qu’il était auréolé d’étoiles sur allociné et qu’il était toujours à l’affiche plus de 6 semaines après sa sortie (par les temps qui courent, c’est quand même un signe !), « Tamara Drewe » est une comédie anglaise de Stephen Frears très « british ».
Tamara Drewe, un ancien vilain petit canard, revient dans son petit village d’enfance pour réoccuper la maison de sa mère défunte. Un peu de chirurgie esthétique par ci, une belle réussite professionnelle dans le journalisme par là, fiancée à une rock star (genre Liam Gallagher d’Oasis) destroy, la belle Tamara va bouleverser les esprits, chambouler les cœurs (et les hormones) de la petite communauté.
Petite comédie sans grande prétention, où le comique de situation l’emporte sur les autres formes d’humour. Ici, les dialogues ne sont pas hilarants, pas de répliques cultes en perspective, pas d’humour absurde à se mettre sous la dent (mon péché mignon !). On navigue entre les quiproquos, et pour tout dire, on voit quand même assez vite comment cela va finir et quels couples vont se former à la fin. Les décors sont très british, presque exotiques à nos yeux de frenchies ! Les personnages sont stéréotypés comme dans toutes les comédies mais au final, plutôt moins qu’on aurait pu le craindre, certains (et pas forcément les premiers rôles) ont même une certaine profondeur et en deviennent très attachants. Ils sont interprétés de façon très propre par des acteurs anglais pour la plupart inconnus, du moins en France. La réalisation est très académique, l’humour est bon enfant, rien de très subversif. C’est peut-être là-dessus que le film me laisse une impression d’inachevé : je l’aurais aimé un peu plus subversif, plus caustique. Certains personnages étaient pourtant le réceptacle parfait pour cette acidité, le personnage de l’écrivain de polar qui écrit 30 pages par jours et qui sort au kilomètre des polars stéréotypés par exemple. Ca aurait été l’occasion d’une belle critique assassine des pisses-copies qui encombrent les présentoirs des librairies. Stephen Frears les égratigne juste un tout petit peu alors qu’il y avait matière à beaucoup plus féroce ! Dommage… « Tamara Drewe » est un film agréable, mais qui ne restera pas comme une pépite dans la filmographie de Frears, juste un bon moment de comédie anglaise sortie au milieu de l’été.
Pour finir, je signale que l’humour anglais étant inévitablement teinté de noir, un des personnages principaux trouve la mort à la fin du film, d’une manière tout à fait inattendue et jamais vu au cinéma. Et cette mort (assez atroce au passage), bizarrement, est tellement surréaliste qu’elle fait presque sourire, c’est ça aussi, le célèbre humour anglais !
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