Je me souviens que c’était avec une légère appréhension que j'étais allée voir « Inception », le très gros succès de l'époque, le film affublé de tous les superlatifs. J’avais un peu peur d’un film interminable et abscons, un souvenir de ma mauvaise expérience « Matrix » en quelque sorte ! Et bien, force est de constater que mes craintes n’étaient pas dénuées de fondements…
Dans un avenir surement très proche, Dom Cobb est un professionnel de l’espionnage industriel qui use d’une technique particulière, il pénètre les esprits pour voler leurs idées pendant leur sommeil. Cette activité lui a couté sa vie personnelle, et le tient éloigné de ses enfants et de son pays où il est recherché. Dans l’espoir de sortir de cette situation, il accepte la proposition d’un industriel japonais qui veut lui faire faire l’impossible, une Inception c'est-à-dire déposer une idée dans un esprit au lieu de la voler. Mais cette entreprise hasardeuse va se révéler à la fois complexe et dangereuse.
Sur le papier, cette idée de voyager dans les rêves des autres pour y voler quelque chose où il déposer une idée est brillante. Filmer des rêves, c’est pouvoir tout s’autoriser en termes de décors, en termes d’effets et Christopher Nolan ne s’en prive pas. Les scènes urbaines à Paris au début, quand la jeune Ellen Page s’essaie à l’architecture des rêves sont à la fois impressionnantes et poétiques. Ces courts moments de délire visuels, malheureusement bien trop rares, sont le vrai sel de ce film. Pour ce qui est du reste, je suis hyper réservée, le scénario se veut brillant et complexe, il est abscons. On a même parfois l’impression d’être devant une bouillie psycho-métaphysique qui laisse une impression de foutage de gueule ! Le coté « poupée russes » des rêves emboitées les uns dans les autres, avec les distorsions du temps qui vont avec, ça entraine même parfois des dialogues carrément incompréhensibles. L’interprétation se veut profonde, elle est sans surprise. Aucun personnage (à part celui de Di Caprio) n’est vraiment fouillé ni travaillé ! Et devant le personnage de Léonardo Di Caprio, on a une impression de « déjà-vu » qui ne remontre pas très loin : je me suis même surprise à penser : « M…, je me suis endormie et moi aussi je rêve, je rêve que je revois « Shutter Island » ! Le film se veut rythmé (c’est aussi un film d’action dans la plus pure tradition hollywoodienne), il est interminable et pour tout dire, il m’a plus ou moins perdu en route au bout d’1h1/2. L’image finale voudrait nous plonger dans les tréfonds de la perplexité, elle est téléphonée à des kilomètres ! En écrivant ces lignes, je me rends bien compte d’écrire quasiment le contraire de l'opinion dominante sur ce film. Ca m’interroge pour tout dire, peut-être vais-je un peu trop au cinéma pour être encore impressionnée ? Suis-je trop ceci ou pas assez cela pour ne pas être tombée sous le charme de ce film ? Fichtre… Serais-je trop bête pour l’avoir bien compris ?
En résumé, « l’effet Matrix » a encore frappé… Me voilà dire du mal, beaucoup de mal au final, d’un film encensé par tout le monde et en passe de battre en terme d’entrée le très moyen « Avatar ». Ca ne m’arrive pas souvent, mais ça ne fait pas du mal de temps a autre d’être minoritaire !
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