« Gone girl », le tout nouveau David Fincher, est l’adaptation d’un polar que je n’ai pas lu (mais on va rectifier çà très vite !) mais qui s’est vendu a des milliers d’exemplaires. Dés le générique, si on est attentif, on se rend compte que c’est l’auteur elle-même, Gillian Flynn, qui signe le scénario du film. Donc je résume : David Fincher, un casting au top et un auteur de polar aux manettes du scénario, si avec çà on n’est pas devant du très bon cinéma, c’est à n’y rien comprendre !
Le jour de son anniversaire de mariage, Amy, l’épouse de Nick Dunne, disparait sans laisser de trace. Enfin, façon de parler car la police trouve très vite des indices inquiétant dans leur maison. Devant la police comme devant l’opinion publique, Nick s’y prends mal : trop détaché, pas assez éploré, trop « souriant » et très vite, il devient le suspect n°1 pour tout le monde. Mais ne pas correspondre aux « standards » du mari fou d’inquiétude suffit il à faire de vous un assassin ?
« Gone girl » est un film qui n’a pas que des qualités mais… qui n’en est pas loin quand même ! Rien à redire sur le casting. Ben Affleck et surtout Rosamund Pike incarnent avec beaucoup de justesse un couple heureux en apparence, mais en réalité à la dérive. Si lui prouve une fois de plus qu’il est un très bon acteur qui a juste, de temps en temps, fait des mauvais choix, cette dernière livre une composition dont on reparlera quand il faudra distribuer des médailles et des prix d’interprétation, vous verrez… Les seconds rôles ont leur importance et ils sont nombreux, avec une mention spéciale à Carrie Coon en sœur-jumelle-courage et Niel Patrick Harris dans un rôle dont, malheureusement, on peut difficilement parler sans dévoiler une partie importante de l’intrigue. Parce que l’intrigue, on y vient, elle est solide, elle est complexe, elle connait un puis deux puis trois rebondissements. Il ne faut pas se fier au petit résumé que j’en ai fait au début. Je ne peux pas trop en dire car à sa moitié, le film prend un virage à 180° et il faut garder le suspens pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas encore le livre. Voilà un scénario charpenté, qui tient en haleine pendant presque 2h30 sans jamais faiblir. Dix fois, vingt fois l’intrigue est sur le fil et peut basculer, on ne sait pas comment tout cela va finir, rien de téléphoné, on est sur la brèche tout le temps, c’est même un peu éprouvant pour les nerfs ! Le scénario est touffu, mais on ne lâche jamais le fil, il y a des flash back par dizaines mais on comprends tout. Si on ajoute à cela le talent de David Fincher (mais de dire qu’un film de Fincher est un très bon film va finir par devenir un pléonasme !) qui soigne tout (décors, photographie, habillage musical), qui filme les scènes clés avec le talent d’un Tarantino (et c’est un sacré compliment dans ma bouche), qui se permet même le luxe de quelques pointes d’humour çà et là , alors on doit se rendre à l’évidence : on est devant un sacré bon polar comme on aimerait en voir beaucoup, beaucoup plus souvent ! En réalité, « Gone girl » est plus qu’un polar ou qu’un thriller. C’est une giclée de vitriol sur le mariage, sur les rancœurs qui pourrissent au sein d’un couple, sur la part de manipulation que l’un peut exercer sur l’autre, sur la frustration qui peut elle aussi conduire, tout doucement, à la rancune et à la haine. Et puis, Fincher asperge aussi de son acide sulfurique, au passage, les médias américains. Accuser de mener des enquêtes à charge en parallèle de la police, de désigner les coupables qui lui convienne, de les clouer au pilori, la presse américaine de Fincher est sans éthique, sans déontologie et incapable, forcément, de la moindre autocritique. Evidemment, si on connait le livre de Gillian Flynn qui s’appelle en français, je crois « Les apparences », on aura peut-être moins de plaisir à se laisser mener par le bout du nez par Fincher, on sera peut-être plus critique que je ne le suis. Surtout que j’ai cru lire quelque part que la fin avait été changée par l’auteur-scénariste elle-même, ce qui est inhabituel. Au rayon des petits bémols, mais vraiment pour chipoter, on peut regretter quelques détails peu crédibles à la fin du film, éventuellement un fin qui tire un peu en longueur aussi. « Gone girl » se termine sur une note cynique, assez amorale, qui ne plaira peut-être pas à tout le monde mais moi, qui me va bien.
Petit quizz pour conclure, pour ceux qui verront « Gone girl », et j’espère qu’ils seront nombreux après le critique que je viens de faire. Au tout début du film, Nick et sa sœur Go jouent à un jeu de société ou on tourne une roue à la place d’un dé et on plante des petits personnages en plastique dans des voitures (dis comme çà, je sais, çà fait bizarre !). Je connais ce jeu, j’y ai joué quand j’étais enfant et je cherche son nom depuis des heures… Si quelqu’un le reconnais, merci d’avance…
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