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Un point c'est (pas) tout

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Le coin des livres : Frankenstein ou le Prométhée Moderne

Publié par Christelle Point sur 15 Avril 2019, 15:28pm

Mary Shelley a 18 ans et elle n’a jamais rien publié lorsqu’elle écrit, en 1817 et en quelques jours « Frankenstein ou le Prométhée Moderne » (c’est le véritable titre). C’est peu dire qu’elle sera très vite dépossédée de son œuvre. De son vivant déjà, où la bonne société anglaise la croit prête-nom de son poète de mari, puis de sa mort lorsque le cinéma va dénaturer son livre, au point de confondre dans l’imaginaire collectif le nom du créateur avec celui de la créature. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un classique, alors il m’a fallu un peu de temps pour se réhabituer au style foisonnant et élégant du XIXème siècle. Frankenstein c’est d’abord un récit en cercle concentrique : le premier cercle c’est le récit épistolaire de Robert Walton, capitaine d’un baleinier perdu dans les glaces polaires et qui recueille un homme en perdition, Victor Frankenstein. Second cercle, Victor raconte son histoire, celle d’un homme passionné de science et d’ésotérisme qui créa de toute pièce un homme, lui donna la vie avant de s’en détourner immédiatement, subitement rebuté par la laideur et la rustrerie de sa créature. Puis, le récit du milieu, fait  à Victor dans les montagnes alpines, c’est celui de la créature sans nom,  rejetée par tous sans jamais aucun espoir de nouer une relation humaine normale, que la solitude va transformer en boule de rancœur et de haine. Original dans sa forme, très élégant dans le style, le roman de Mary Shelley n’a pas grand chose à voir avec les fictions d’horreur qui portent le même nom.  Il est question de meurtre, bien-sur, puisque la créature décide faire souffrir celui qui lui donna la vie pour le condamner immédiatement à a la souffrance de la solitude, mais il est surtout question de beaucoup d’autres choses. Il est question de la science sans conscience d’abord, d’un homme qui se laisse dominer par son désir de « jouer à Dieu ». Il est aussi question de la morsure de la solitude, de cette frontière ténue entre le désespoir et la haine, de la course effrénée de l’être humain vers l’ « Autre », du besoin vital qu’on tous les hommes de se socialiser. Le propos est aussi foisonnant que le style de Mary Shelley, il y a à méditer dans chaque chapitre. Bien-sur, c’est un classique, il faut accepter le style précieux de l’époque, les digressions nombreuses qui font de la dentelle autour de l’intrigue principale, les incohérences d’un récit baroque (la méthode utilisée par Frankenstein pour créer la vie sont évoquée de façon tellement allusives et presque métaphorique que cela en devient surréaliste) pour apprécier ce roman assez court mais tellement dense. Un classique à redécouvrir, et peut-être à rapprocher du film éponyme de Kenneth Branagh avec Robert de Niro, surement le plus fidèle de tous au roman de Mary Shelley.

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